La Gazette des Jardins
En ce mois de février, le jardin semble encore plongé dans une profonde torpeur. Pourtant, si l’on tend l’oreille et que l’on observe de près, la vie s’agite déjà : les premiers perce-neige pointent leurs clochettes et les bourgeons des sureaux commencent à gonfler. Pour nous, jardiniers et gardiens de la biodiversité, c’est une période charnière, faite de patience mêlée de hâte, mais aussi de préparation.
C’est le moment où l’on ressort ses sachets de graines, où l’on dessine le plan du potager idéal et, surtout, où l’on lance les premières cultures de l’année. Préparons ensemble le réveil de la nature …
Que faire au jardin en février ?
- Taillez ou élaguez jusqu’en mars les arbres de haut -jet (arbres hauts de plus de 8 m à l’âge adulte).
- Ne pas tailler les arbustes à floraison printanière
- Taillez jusqu’en mars les arbustes à floraison estivale (arbre à papillons, spirée rose…) et ceux à feuilles (troène, laurier cerise, charmille…).
- Plantez les arbustes ou les arbres à racines nues ou en conteneur.
- Plantez encore les fruitiers et petits fruits.
- Taillez les petits fruits jusqu’en mars.
Les haies champêtres : des alliés indispensables pour la faune locale
Un refuge vital pour la biodiversité
En bordure de champs, de jardins ou de chemins, les haies champêtres forment de véritables corridors écologiques. Composées d’arbres, d’arbustes et de plantes grimpantes, elles offrent un abri sûr contre les prédateurs, les intempéries et les perturbations humaines. Pour les oiseaux, comme le rouge-gorge ou la fauvette, elles constituent un lieu de nidification idéal. Les petits mammifères, tels que les hérissons ou les musaraignes, y trouvent quant à eux un habitat protégé pour se reposer et élever leurs petits.
Saviez-vous qu’une haie bien dense peut héberger jusqu’à 5 000 espèces d’insectes, dont de nombreux pollinisateurs essentiels à la reproduction des plantes ?
Une source de nourriture à toutes les saisons
Les haies champêtres sont de véritables garde-manger pour la faune locale. Au printemps, les fleurs attirent les abeilles et les papillons, tandis que les baies et les fruits (aubépine, prunellier, sureau…) nourrissent les oiseaux et les petits mammifères en automne et en hiver. Les feuilles mortes et le bois mort abritent, eux, une multitude d’invertébrés, base de l’alimentation de nombreux animaux.
Exemple concret : Le lierre, souvent mal-aimé, produit des baies en hiver, une ressource précieuse pour les merles et les grives lorsque les autres sources de nourriture se raréfient.
Comment planter et entretenir une haie champêtre ?
Pour maximiser son impact écologique, privilégiez des espèces locales et variées : noisetier, charme, troène, prunellier, etc. Évitez les tailles trop fréquentes ou radicales, qui réduisent la capacité d’accueil de la haie. Une taille légère tous les 2 à 3 ans suffit pour maintenir sa densité tout en préservant ses habitants.
Astuce : Laissez pousser quelques ronces ou orties au pied de la haie. Elles attirent les papillons et fournissent un habitat supplémentaire pour les insectes.
Agir pour la biodiversité, un geste à la fois
En plantant ou en préservant une haie champêtre, vous participez activement à la protection de la faune locale. Ces milieux, autrefois omniprésents dans nos campagnes, ont disparu de 70 % du territoire français en un siècle. Leur restauration est un enjeu majeur pour la survie de nombreuses espèces.
Pour aller plus loin
N’hésitez pas à vous référer aux très bons ouvrages rédigés par l’association Haies vives d’Alsace, qui réalise un formidable travail de promotion et de valorisation des haies champêtres dans notre région :
- Une base de données pour vous aider à choisir les essences de votre future haie : https://jeplantemahaie.fr/
- Un fascicule pour transformer une vieille haie monospécifique en champêtre pleine de vie : Kill the thuyas
- Un fascicule orienté haie champêtre pour les pollinisateurs : La Haie apicole
Cap sur le printemps : réussir ses Semis précoces à chaud
Alors que le jardin sommeille encore sous la fraîcheur de janvier et février, l’impatience gagne le jardinier. C’est le moment idéal pour lancer les cultures qui demandent du temps et de la chaleur : les tomates, les poivrons, les piments et les aubergines.
Réussir ses semis à l’intérieur n’est pas seulement une question de calendrier, c’est un équilibre subtil entre chaleur, lumière et humidité. Voici nos clés pour transformer votre rebord de fenêtre en véritable pépinière.
Le matériel indispensable
Pour un démarrage en douceur, privilégiez la récupération et les matériaux naturels.
Les contenants : Terrines, caissettes en bois ou godets biodégradables. Assurez-vous qu’ils sont bien propres pour éviter la “fonte des semis” (un champignon dévastateur).
1. Le terreau : Choisissez un terreau “spécial semis”, plus fin et moins riche que le terreau universel. Il favorise le développement des racines sans les brûler.
2. La source de chaleur : Une température constante entre 20°C et 24°C est nécessaire pour la levée. Un tapis chauffant est idéal, mais le dessus d’un radiateur (avec une planche en bois entre les deux) fonctionne aussi très bien)
3. Le semis : Remplissez vos godets de terreau sans trop tasser. Déposez vos graines (2 à 3 par pot) et recouvrez-les d’une fine couche de terreau (environ 3 mm).
4. L’arrosage : Arrosez en pluie fine à l’aide d’un vaporisateur pour ne pas déterrer les graines. Utilisez de l’eau à température ambiante.
5. L’effet de serre : Couvrez vos semis avec un couvercle transparent ou une plaque de verre pour maintenir l’humidité. Attention : dès que les premières “crosses” apparaissent (les tiges qui sortent de terre), retirez le couvercle !
6. La lumière, l’enjeu crucial : C’est ici que beaucoup échouent. Si vos plants deviennent longs, fins et pâles, c’est qu’ils “filent” vers la lumière. Placez-les derrière la fenêtre la plus ensoleillée (plein sud) et baissez un peu la température (18°C) une fois la levée terminée pour fortifier la tige.
Le secret des anciens : la couche chaude
Si vous disposez d’un jardin et d’un accès à du fumier frais (cheval ou mouton), la couche chaude est une technique de biodiversité remarquable. En empilant environ 40 à 50 cm de fumier pailleux sous un châssis, la fermentation naturelle va dégager une chaleur constante (jusqu’à 25-30°C au cœur) pendant plusieurs semaines.
C’est un véritable “radiateur naturel” qui permet de démarrer ses plants en extérieur dès la fin de l’hiver, tout en produisant, à terme, un compost d’une richesse exceptionnelle pour votre sol.
Le conseil “Bio-diversité”
Ne soyez pas trop pressés de tout semer en une fois ! Échelonner vos semis permet de ne pas être débordé lors du repiquage et limiter les risques si une gelée tardive devait survenir en mai.
Le saviez-vous ? Les poivrons et piments sont beaucoup plus lents à germer que les tomates. Soyez patients, ils peuvent parfois mettre 15 jours à pointer le bout de leur nez !